Le JDD vient de faire paraître une enquête sur le gaspillage de l'eau dans 57 grandes villes de
France.
A partir des rapports annuels sur le prix et la qualité du service
public de l’eau, ce classement fait apparaître le pourcentage d'eau distribuée qui n'arrive jamais jusqu'au robinet. Ainsi à Aulnay-sous-Bois, pour 100 litres d'eau produite, 10 litres sont
perdus avant d'arriver à nos robinets.
Ce chiffre est un très bon indicateur de l'état du réseau. Plus le réseau est en mauvais état, plus les pertes sont importantes.
Les très bons élèves
Paris: 3,53, Rennes: 5
Le peloton de tête
Aulnay-sous-Bois : 10, Reims : 10, Tours : 10, Limoges : 11,72, Lyon : 12, Villeurbanne : 12, Boulogne-Billancourt : 12, Argenteuil : 12, Montreuil : 12, Saint-Denis : 12, Versailles : 12,
Vitry-sur-Seine : 12, Saint-Étienne : 13,1, Nanterre : 13,4 Courbevoie : 13,4 Asnières-sur-Seine : 13,4, Colombes : 13,4, Rueil-Malmaison : 13,4 Orléans : 13,93, Besançon : 14,4, La Rochelle :
14,59
Le gros de la classe
Aix-en-Provence : 15, Nantes : 15,6, Angers : 15,7, Le Mans : 16,11, Marseille: 16,5, Saint-Maur-des-Fossés: 16,89, Poitiers: 17, Lille: 17,1, Roubaix: 17,1, Tourcoing: 17,1, Clermont-Ferrand:
17,8, Grenoble: 17,81, Brest: 19,6, Montpellier: 19,77, Antibes: 19,98
Nancy: 20, Calais: 20,3, Dijon: 20,7, Bordeaux: 21,62, Metz: 21,8, Pau: 23, Strasbourg: 23,9, Nice: 24
Le Havre: 25,84, Mulhouse: 26, Toulon: 26,7, Amiens: 29,73
Les très mauvais élèves
Rouen: 31,71
Avignon: 35,5, Nîmes: 41
On estime que la moyenne des pertes est d'environ 25 %, alors que le Grennelle de l'environnement a fixé un objectif de 15 %.
Paris est sans surprise le bon élève car outre l'entretien, la capitale a hérité d'un réseau exceptionnel constitué des galeries souterraines de la capitale développées par le préfet
Haussmann au XIXe siècle donnant accès aux 1 800 km de canalisations à pied. Pour sa part, la ville de Rennes qui est alimentée par des nappes superficielles très sensibles aux
précipitations, a fait le pari d'une gestion rigoureuse de la ressource eau et donc consacre beaucoup d'argent au renouvellement de son réseau.
Cependant, toutes les communes n'ont pas les mêmes contraintes. Les pertes sont souvent plus nombreuses en zone rurale. L'instabilité de certains sols peut aussi occasionner des
pertes supplémentaires en fragilisant le réseau.
Toutefois, la situation des mauvais élèves est préoccupante et illustre une gestion passée désastreuse des réseaux de ces villes avec pour seule solution des investissements très lourds de remise
à niveau.
Le bon entretien et le renouvellement du réseau sont les seules recettes pour assurer une bonne gestion d'un réseau qu'il soit en gestion privée ou en régie directe. Le développement de nouvelles
techniques de détection des fuites devrait aussi contribuer à améliorer la performance des réseaux.
La gestion de l'eau potable sera cruciable au XXIe siècle. Une bonne gestion de cette trop rare ressource reste essentielle pour nos enfants et les futures générations.
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